Visite François premier (2)

« Il (le Roi) parcourut les chantiers, s’entretînt comme un simple ingénieur avec les entrepreneurs (les maîtres ès œuvres) toutes les personnes capables de l’éclairer et de lui donner un bon conseil, et vit de quelle importance serait l’œuvre entreprise » (Histoire populaire de la Ville du Havre, tome 1, Théodore Garsault)

 

 

Au début du XVIe siècle, les bateaux de pêche qui trouvaient refuge dans cette branche de la crique qui donnera naissance à l’avant-port du Havre y accédaient par un chenal situé à l’est, non loin de la fosse de Leure. La mission confiée à l’amiral du Chillou consistait donc à fermer la passe d’origine et à ouvrir un passage dans le perrey qui fermait la crique à l’ouest, créant ainsi un accès direct à la mer. Au sud, les accumulations de sable, d’alluvions et de galets avaient formé un long perrey qui tiendrait lieu, du moins le temps que fussent réalisés les travaux, de digue naturelle.


Les travaux furent entrepris dès le mois d’avril 1517. Ce ne fut pas chose aisée, car les éboulements fréquents dus à l’inconsistance des sols, accentués sans cesse par le travail de sape des marées, étaient un frein permanent à l’avancement des travaux.  


Toutefois,  le 24 octobre 1518, les travaux sont suffisamment avancés pour permettre aux nefs royales « Hermine » et « Loyse » de faire leur entrée dans le nouveau port. Mais la passe était relativement réduite. Tout juste 32 mètres de large, flanquée des deux jetées fraîchement maçonnées par les compagnons de Michel Feré. Bon nombre de naufrages, de chavirages, d'abordages, d'échouages, auraient sans doute été évités, du moins n'auraient-ils pas été aussi dramatiques si l'approche du port avait été plus aisé et si son avant-port n'avait pas entravé, de par son étroitesse, bien des manœuvres.  


L’agrandir et le moderniser allaient très vite devenir pour les responsables municipaux une impérieuse nécessité, même si l’on peut regretter que certaines de leurs décisions aient porté atteinte à des éléments essentiels du patrimoine historique et culturelle de la cité océane.  

 

 

Pour de plus amples détails, voir la page : Le port d'échouage