Le Musée 3

En 1839, la ville avait créé un premier musée dans le Logis du Roi. Mais, en 1842, la bâtisse, qui fut le premier Hôtel de ville du Havre, avait été livrée aux démolisseurs. On entreprit dès l’année suivante, sur l’espace ainsi libéré, la construction d’un nouveau bâtiment dont la fonction initiale était d’abriter le Musée des Beaux-Arts, la Bibliothèque Municipale et le Muséum d’Histoire Naturelle. La réalisation des plans en avait été confiée à Fortuné Brunet-Debaines, l’architecte de la ville, et les sculptures du décor seront l’œuvre de l’artiste Syanet. La première pierre en fut posée en 1843 par le Maire du Havre Adrien Lemaître.

Ouvert au public en 1845, le nouveau Musée était finalement officiellement inauguré deux ans plus tard. Au fur et à mesure, les collections de peinture et de sculpture commencèrent à s’étoffer et le Musée rassembla bientôt des œuvres d’une qualité propre à en faire un lieu de culture extrêmement prisé, aussi bien des Havrais que des touristes. Joseph Morlent, nous en livre une description détaillée dans « Le Havre en miniatures ». Alors, laissons-lui la plume. Voici ce qu’il écrit en 1853 précisément : « Le Musée est précédé d’une cour d’honneur entourée d’une grille à hauteur d’appui. L’entrée de la cour est fermée par deux piédestaux destinés à recevoir les statues de bronze de Casimir-Delavigne et de Bernardin-de-St-Pierre, nés l’un et l’autre au Havre. La façade est surmontée de statues allégoriques groupées de chaque côté d’un cadran éclairé par un système particulier, de l’invention d’un de nos compatriotes M. J. Dorey. Le vestibule et la salle du rez-de-chaussée sont ornés d’une belle colonnade ; à droite et à gauche, les galeries des collections d’histoire naturelle, le fond est occupé par un magnifique escalier qui conduit au grand salon de peinture et à deux galeries latérales affectées à la bibliothèque publique du Havre. Sur le premier pallier de l’escalier, on a placé, en 1850, une statue de François 1er, œuvre de M. Dumont, l’auteur du Génie de la Liberté qui surmonte la colonne de juillet à Paris.1 »

En 1852, deux statues en bronze réalisées par David d’Angers avaient été inaugurées devant le parvis du bâtiment. Elles représentent Bernardin de Saint-Pierre et Casimir Delavigne, deux illustres natifs du Havre, hommes de lettres, et elles resteront là jusqu’en 1893, date à laquelle elles seront transférées place Gambetta. Les Havrais d’aujourd’hui les connaissent bien, puisqu’elles sont disposées de nos jours de part et d’autre de l’entrée du Palais de Justice.

Le Musée-Bibliothèque a été totalement détruit au cours des bombardements de septembre 1944. Même s’il se situait dans ce qu’il était convenu d’appeler la vieille ville, à l’extrémité sud de la rue de Paris, il fut bel et bien le dernier édifice construit au Havre sous le sceau du projet Lamandé.

 

 

1) « Le Havre en miniatures », Joseph Morlent, 1853.