L'entrée du port 4

Pour défendre le nouveau havre, François 1er avait envisagé, dans un premier temps, de faire construire un château face à la mer, du côté de la mare aux Chevaliers, non loin du Chef-de-Caux. Le jeune Roi de France avait finalement opté pour la construction de deux tours qui se feraient face à l’entrée du port et en assureraient la sécurité. Toutefois, vraisemblablement pour des questions de temps et/ou de finances, il ne sera mis en chantier qu’une seule de ces deux tours.

La grosse tour s’élevait alors à une hauteur de 30 mètres, pour un diamètre de 25. C’est dire si elle apparaît massive, une impression renforcée sans doute plus encore par l’épaisseur de 6 mètres de ses murs. « Elle est assise autant dedans que hors de terre… Fort épaisse, sa clôture est faite de pierre à demi-boule et pointe de diamant ». Du côté de la ville, deux ponts-levis enjambant deux petits fossés permettaient d’y accéder.

Au sommet, sur la plate-forme, avaient été élevées deux petites maisons, servant de corps de garde, et un oratoire qui, si l’on en croit l’abbé Pleuvri, ne fut guère utilisé. Et il y avait là aussi, pointés sur la rade, 13 pièces d’artillerie qui joueront un rôle capital dans la défense du Havre, face aux Anglais. Mais cette plate-forme, c’était également un point d’observation auquel les Havrais (et les « touristes » ?) pouvaient accéder, en temps de paix, et d’où ils pouvaient contempler la mer.

Témoin privilégié de tant d’événements-clé de la vie et de la survie du port et de la ville, de leurs combats, de leurs souffrances, de leurs défaites et de leurs victoires, de leurs réussites aussi, la tour fut néanmoins démolie. Pour agrandir l’entrée du port, disaient ceux qui en avaient décidé ainsi. On commença à la démolir en octobre 1861 et il ne fallut pas moins de 6 années pour en venir à bout. C’est dire si elle était solide et combien ceux qui œuvrèrent à sa démolition en bavèrent des ronds de chapeau pour mener à bien leur funeste entreprise.