Il était un Havre

Il était un havre

Le port du Havre, puis la ville, sont nés en 1517, et leur Histoire commune semble ne s’être écrite qu’en 500 toutes petites années. Cependant, il ne fait aucun doute que l’occupation humaine sur le site remonte à des temps bien antérieurs à la création de la cité océane. La présence des villes ou villages d’Harfleur, de Leure, de Graville, d’Ingouville, de Sanvic, de Bléville, du Chef-de-Caux, pour ne citer qu’eux, sont attestés dans des textes fort anciens. La rubrique « Avant Le Havre » vous propose de les mieux découvrir.

En 1517, un jeune Roi de France, François 1er, confiait à l’amiral Bonnivet et au sieur du Chillou la mission d’édifier sur le lieu dit « de Grâce » un nouveau port, là où le fleuve Seine épousait la mer océane. Quelques mois plus tard, le souverain signait l’acte de naissance d’une nouvelle ville, laquelle, surgie des marécages de l’estuaire, aura tout d’abord le visage du premier quartier de la cité, le quartier Notre-Dame. C’est le sujet de la rubrique « Le Havre originel ».

En 1541, c’est au tour de l’architecte siennois Jérôme Bellarmato de faire son entrée en scène. Il a reçu de François 1er la triple mission de renforcer les défenses de la ville, de remettre bon ordre dans l’urbanisation du quartier Notre-Dame et de mettre en chantier l’agrandissement devenu nécessaire de la « ville Françoyse de Grâce », puisque c’est ainsi qu’il était convenu de l’appeler à l’époque. C’est dans ce dernier volet de sa mission qu’il va donner la pleine mesure de son talent. Sous sa férule, « Le quartier des Barres », objet de notre troisième rubrique, voit le jour. Il prendra plus tard le nom de son église paroissiale, Saint-François.

Les choses resteront quasiment en l’état plus de deux siècles durant, si ce n’est que, lentement mais sûrement, le trafic maritime et le peuplement de la ville allaient crescendo. Le second étant, il va sans dire, la logique conséquence du premier. Et vint le temps où la situation ne fut plus tenable. La ville, engoncée dans le carcan de ses fortifications, étouffait, suffoquait, menaçait d’exploser. En 1787, le Roi Louis le seizième valide le plan d’agrandissement du port et de la ville de l’ingénieur Lamandé. De nouveaux bassins voient alors le jour, les remparts sont déplacés plus au nord et de nouveaux quartiers sont urbanisés. C’est « La Neuve-Ville » que la quatrième rubrique vous propose de découvrir.

Mais à peine avait-il été réalisé, que le plan Lamandé, longtemps mis en sommeil pour cause de troubles et de guerres révolutionnaires, puis de guerres napoléoniennes, s’avérait déjà insuffisant. La ville, à nouveau, étouffait sous la pression de ses nouveaux remparts. Le port, dont le trafic ne cessait de prendre de l’ampleur, réclamait de nouveaux bassins, plus aptes à accueillir les navires, gagnés par le gigantisme et pourvus à présent de la propulsion à vapeur, que ne l’étaient les bassins existants. Le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte et la loi du 9 juillet 1852 sonnèrent le glas des fortifications. Dans le même temps, l’annexion des communes limitrophes d’Ingouville, du Bas-Sanvic, de la partie ouest de Graville, et de l’Eure donnait le signal de départ de « La conquête de la plaine », la cinquième de nos rubriques.

Là où se tenait autrefois le village de Leure, des bassins sont creusés : L’Eure, Vauban, Docks, Bellot. Autour de ces nouveaux plans d’eau, sont élevés d’immenses entrepôts qui permettront d’abriter les denrées de toutes sortes qui sont débarquées, de plus en plus nombreuses, des navires en escale dans le port. Dans la plaine de Graville et de l’Eure, viennent s’implanter des usines, des industries et des chantiers. Faute de place sur le Perrey, les entreprises de construction et de réparation navales s’y installent également. C’est « La ruée vers l’est ».

Dans le port, la compétition perpétuelle entre taille des navires et surface des installations s’accélèrent. Elle avait commencé dès les premières heures du port, tout comme la sempiternelle lutte contre l’accumulation des galets qui, de tous temps, venait encombrer le chenal, interdisant de façon récurrente l’accès à l’avant-port. C’est une course effrénée dont le dernier épisode en date s’est écrit avec l’ouverture des installations de Port 2000. Qui saurait dire quelle sera la prochaine étape de l’Histoire du port du Havre ? « La saga du port » vous en raconte les grandes heures.

Resté très longtemps un monde d’eau, de vase et de galets, parce qu’il participait du dispositif de défense du port et de la ville, notamment, le bord de merattendra le début du XIXe siècle pour connaître un frémissement d’urbanisation. Sur le perrey d’Ingouville, longtemps occupé par la « ville en bois », les constructions en dur restèrent durant des siècles interdites, car, en cas de conflit, les habitations devaient pouvoir être démontées rapidement. À telle enseigne que le premier hôtel-casino Frascati, inauguré sur le Perrey le 19 mai 1839, était, pour des raisons militaires, tout de bois construit. Et il faudra attendre encore plus longtemps, jusqu’en 1931, pour que soit ouverte la première voie digne de ce nom longeant « Le bord de mer ».

Mais, barrée au sud par le fleuve, à l’ouest par la mer, au nord par la falaise, la ville n’avait d’autre choix, pour poursuivre sa croissance, que celui de s’étendre sur la « Côte ». Sanvic, Bléville, Caucriauville et Rouelles sont absorbés par leur grande voisine au milieu du XXe siècle. De nouveaux quartiers sont urbanisés, des grands ensembles d’habitations sont construits. Des espaces verts sont aménagés pour les loisirs des Havrais : La forêt de Montgeon, le parc de Rouelles… Pour faciliter la liaison entre ville haute et ville basse, on perce dans la falaise le tunnel Jenner. C’est ce que vous racontera la rubrique « Sur le plateau ».

Enfin, la rubrique « Chroniques havraises » sera consacrée à ces événements qui ont émaillé et façonné, au fil des siècles, l’Histoire de la ville, tandis que celle intitulée « Ils ont marqué Le Havre » vous présentera ces femmes et ces hommes qui ont, par leur influence, par leur talent ou par leur courage, associé leur nom et leurs actions à l’Histoire de la ville.

Bonne visite à toutes et à tous.

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12 novembre 2017

Le balcon sur la mer

    « Un balcon sur la mer ». C’est en ces termes que Jean Legoy évoque le Boulevard Maritime dans Les Havrais et la mer, un boulevard dont le tracé parallèle à la plage mène le promeneur du terre-plein de la digue nord jusqu’à l’entrée de la cité balnéaire de Sainte-Adresse. À l’heure de la naissance de la cité océane, le front de mer était un monde d’eau, de vase et de galets. Les alluvions avaient créé un terrain « vague » que se sont approprié, au fil de temps, les briqueteries et les tuileries.... [Lire la suite]
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05 novembre 2017

Pleins feux sur la falaise

De tous temps, les problèmes posés par la navigation de nuit avaient obligé les civilisations maritimes à avoir recours à des signaux lumineux servant tout à la fois de points de repère aux navires en approche des côtes et de balise les renseignant sur les dangers qui les guettaient dans le secteur où ils évoluaient. Dès l’antiquité, les hommes avaient donc procédé à la mise en service de plusieurs tours lumineuses, la plus célèbre d’entre elles étant, bien évidemment, le célébrissime phare d’Alexandrie que l’on ne présente plus.... [Lire la suite]
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29 octobre 2017

L'embarras de Guillaume Gouffier de Bonnivet

  L'amiral Bonnivet, cet ami d'enfance de François d'Angoulême devenu le proche conseiller de François 1er, était fort embarrassé. Le Roi lui avait demandé de prospecter la côte normande et la baie de Seine afin de déterminer le site le plus propice à la création d'un nouveau port. En fait, aucun des endroits qu'il avait visités, d'Étretat à l'estuaire de la Touques, en passant par Honfleur, ne lui avait vraiment paru correspondre à l'emplacement idéal dont il s'était mis en quête. Voyant l'embarras dans lequel se trouvait... [Lire la suite]
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25 septembre 2017

L'estuaire antique

Harfleur est-elle l'antique Caracotinum ?     Les spécialistes s’accordent généralement pour estimer que c’est autour de l’an 400 avant notre ère que les Calètes, ces Gaulois belges qui donnèrent leur nom au pays de Caux, s’installèrent à demeure dans notre région. Même s’ils n’ont pas laissé eux-mêmes de traces écrites de leur Histoire, ce sont les témoignages de leurs contemporains, fort précieux, qui nous ont apporté quelques indications sur ces ancêtres gaulois : « La côte septentrionale le long de la... [Lire la suite]
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17 septembre 2017

Frascati-les-bains

    L'hôtel Frascati     Les vertus thérapeutiques de l’eau salée et la tonicité de l’air marin, mises en évidence au milieu du XVIIIe siècle en Angleterre, avaient mis au goût du jour les bains de mer et ce sont les jeunes nobles anglais qui, à partir de 1750, vont en lancer la mode. Une mode à laquelle n’est sans doute pas étranger le Roi George III puisque c’est à Brighton que le souverain vint s’y adonner. Son fils le prince des Galles, future George IV viendra également s’y soigner à partir de 1783. En... [Lire la suite]
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03 septembre 2017

A toute vapeur

Le "Napoléon III" (image extraite de la revue du Raffineur Français, 1981) Nous l’avons vu, jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle il n’y avait d’autre moyen de propulsion, en matière de navigation commerciale et transport de passagers, même si celui-ci se limitait presque exclusivement aux émigrants désireux de vivre ailleurs des jours meilleurs que la voile. Mais une innovation va remettre en question cette belle suprématie : La propulsion à vapeur. En effet, le 9 août 1803, sur la Seine, Robert Fulton avait... [Lire la suite]
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27 août 2017

François 1er et Le Havre

  Portrait équestre de François 1er (D'après un tableau appartenant à M. de Mesmas, extrait de "Le Havre de Grâce et ses navires")         Dubocage de Bléville l’affirme avec force et conviction dans le premier chapitre de ses « Mémoires » : « François Premier n’en fut point le fondateur, ainsi qu’on le croit communément :Le Havre qui existoit longtems avant lui, a cela de commun avec la plûpart des autres villes, qu’on en ignore absolument la véritable origine(1) » ;... [Lire la suite]
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23 août 2017

Toutes voiles dehors

  Un croiseur américain entrant dans le port       La navigation havraise est, pour le moins, aussi ancienne que le port et la ville. Ainsi, dès les premières heures, pêcheurs et aventuriers s’élancent vers le nouveau monde qui vient d’être « découvert ». Les uns prennent le chemin de Terre-Neuve où, durant de longues années, ils vont multiplier les saisons de pêche, les autres font voile vers l’Amérique pour apporter leur contribution à l’exploration de ce vaste continent. En prenant la tête... [Lire la suite]
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20 août 2017

Montivilliers, royale abbaye

    L'abbaye de Montivilliers en 2009.     « Montivilliers(1) est né d’un monastère. Son appellation latine primitive : Monasterium Villare, devenue par la suite : Moustiervillier ou Monstiervillier, enfin par corruption : Montivilliers associe indissolublement, et pour onze siècles (684-1792) d’une commune Histoire l’établissement religieux (Monasterium) fondé par Saint-Philibert et le lieu de son implantation : un domaine (villare) préexistant (à l’inverse des monastères édifiés en... [Lire la suite]